Respiration, souffle - Journal de corps - Anna DE SANTIS

                                                                                  novembre/ décembre 2020

                                                                 Qu’est-ce que la respiration ? 

 « - Action de respirer, manière de respirer 

- Domaine du chant. Pause où doit respirer le chanteur, ce qui lui permet de prendre certaines notes, certains ports de voix afin de respecter un certain phrasé; endroit marqué par cette respiration; p. méton, cette marque (virgule au-dessus de la portée). 


- Domaine instrumental. Endroit où l'exécutant doit marquer dans la mélodie une pause, la pause elle-même; la notation (le plus souvent un tiret ou une virgule).

- PHYSIOL. Ensemble des fonctions par lesquelles sont assurés les échanges gazeux de l'organisme (absorption d'oxygène et élimination de gaz carbonique). Ce sont: 1) la respiration externe, accomplie par le poumon, par laquelle le sang veineux se transforme en sang artériel oxygéné; 2) la respiration interne, soit les échanges gazeux entre le sang et les tissus; 3) la respiration cellulaire (au niveau des tissus) qui comprend tous les processus métaboliques par lesquels la cellule s'enrichit en oxygène (...) et se débarrasse du gaz carbonique et des déchets`` (Man.-Man. Méd. 1980). - PHYSIOL. VÉGÉT. Ensemble des phénomènes d'échanges gazeux entre un végétal et l'atmosphère`` (Bén.-Vaesk. Jard. 1981). » (CNRTL)

vendredi 13 novembre 

« Aujourd’hui, je présente mon urgence aux autres. Nous avons passé une journée très intense et je suis complètement remuée quand je passe. Nous sommes dehors, il fait nuit, et un vent froid caresse nos joues. Je l’accompagne avec ma respiration et ma flûte, et j’écoute. Je nous écoute. Je partage un moment si doux et si fort avec le reste du groupe, que je me résous à penser que si j’étais passé quelques heures auparavant, mon urgence n’aurait véritablement pas eu le même goût. L’écoute est si naturelle que j’ai l’impression que des fils se tissent entre nous. Nous inspirons et expirons ensemble. Et la chaleur dans ma poitrine se répand dans ton mon corps. Nos respirations s’entremêlent au vent froid du soir, et s’unissent dans un silence délicat ». 

                                                                                                                                        Anna DE SANTIS 

                 Invisible lui-même, il est le médium par lequel nous voyons tout le reste au sein du présent alentour. » 

                                                                                                                                                                                    Comment la terre s’est tue, David Abram 


Lundi 16 novembre « Je discute avec un ami. Il me rappelle que nos émotions ont un fort impact sur notre manière de respirer. Il me dit aussi : « Rétention d’air poumons pleins = Énergie / rétention d’air poumons vides = calme, bonne journée ! ». Je cherche des livres sur les émotions et je trouve ce tableau » :

« Je me rappelle qu’en présence de quelqu’un qui a une respiration rapide, irrégulière, mon état peut rapidement se modifier. Ma respiration, la tienne ou la sienne a un impact sur ce qui nous entoure ». ____________________________ 



18 novembre 2020 
« Aujourd’hui, j’ai essayé de faire vivre mon urgence aux autres. J’ai commencé a faire passer le fil entre les différentes mains, à passer dessus, ou dessous, à rencontrer chacun et tout le monde ; et de beaux rayons de soleil ont terminé le travail en traversant et en réchauffant tous les corps et les visages. C’était beau » 18/11/20 



« Je trouve qu'il n'y avait pas beaucoup de consigne alors moi je me suis laissée porter par mon instinct, je cherchais la fin d'un fil au départ puis petit à petit j'avais envie de trouver quelqu'un au bout du fil plutôt que d'être seule »  

« fallait que je m’y retienne absolument »

« Moi j'ai vraiment apprécié le fait que ça soit dehors, en plus il y avait du soleil! Je sais que j'ai eu le casque avec des rires d'enfants et ça m'a fait marrer ! Après le fil j'ai pas trop compris si je devais le suivre, si j'allais rencontrer qqn ou non, je l'ai trouvé peut-être un peu fin, a des moments je savais plus si je l'avais en main » 

« Je suis resté assez immobile pour moi fallait pas lâcher le fil du tout et c’était agréable je crois que j’avais de la musique » 

« Je me rappelle que j'étais super apaisée et j'avais trouvé ça vraiment cool les citations que Blandine avait lu, je m'étais un peu sentie comme dans du Anna De Santis théâtre sensoriel collectif, et vraiment laissée guider sans trop me poser de questions du coup mais je restais assez statique je crois. Bref donc il n'y avais pas de consigne c'est sur mais j'ai trouvé ça cool au contraire ça laissais le truc assez libre » 

« Pour moi c'était suffisant au niveau des consignes, ça me paraissait plutôt clair, juste le fait d'avoir un fil et de sentir des tensions sur lui. Je suis assez d'accord avec Jo sur le théâtre sensoriel ça m'a immédiatement parlé. Pour le casque je crois que ça m'a déstabilisé mais en même temps c'était peutêtre le but aussi. Je ne sais pas combien de temps ça a duré mais j'aurais pu continuer à suivre le fil longtemps. »

                                

        Nuages de mots de ces témoignages :


—> L’atelier semble en règle général avoir été bien vécu. Si certains ont choisi de « lâcher prise », d’autre se sont concentrés sur la consigne, « ne pas lâcher le fil » (qui n’avait pas été explicitement énoncé). —> La consigne floue a pu déstabiliser mais elle a aussi permis une liberté pour chacun, de vivre sa propre expérience. —> Certains témoignages me donnent l’impression d’un « besoin » de se retenir à ce fil et donc aux autres. Ne pas « rester seul(e) ». —>Parallèle avec le théâtre sensoriel évoqué ____________________

—> Mes questionnements/ressentis sur cet atelier : - Ai-je donné des consignes assez pertinentes ? - Le fait d’être à l’extérieur amenait déjà beaucoup d’informations, et du mouvement dans le fil. Je ne me suis peut être pas assez appuyée sur les conditions extérieures, et sur l’impact qu’elles pouvaient avoir sur le fil.

- Je ne m’attendais pas à ce que tout le monde bougent et se déplacent. J’étais curieuse de voir jusqu’où ça pouvait mener. Mais j’ai l’impression qu’en bougeant constamment, ils ne se focalisaient plus sur leur respiration, et sur les autres (= sur le fil : est ce qu’il se tend, est-il détendu ? vers où je perçois le mouvement ?…) J’aurai peut être du mieux accompagner le début, en leur conseillant de prendre leur temps. Les enregistrements proposés ou lectures de citations n’avaient donc pas forcément un impact (une réaction pour tout le groupe) car déjà beaucoup beaucoup d’infos à chaque moment.  

- Il a manqué un temps d’échanges que j’aurai peut être du prévoir dans l’atelier, pour ne pas qu’il se termine « en suspend » (ou peut être que c’est bien aussi ?) Anna De Santis - Mon atelier se déroulait en premier, contrairement à la semaine passée où j’étais passée en dernière. J’avais noté que le fait de passer en dernière avait forcément eu un impact sur la manière dont s'était déroulé cette première présentation. Je crois qu’en passant en première, j’aurai du prendre plus de temps, pour qu’ils rentrent vraiment dans l’écoute.

- J’ai beaucoup aimé dérouler le fil entre chaque personne, et le rembobiner à la fin. Est-ce une tâche que je pourrais confier à une personne dans le groupe ? 

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Samedi 21 novembre 2020 

LE SOUFFLE, LA RESPIRATION ET MON INSTRUMENT : https://www.youtube.com/watch?v=blEGsE2pigQ https://www.youtube.com/watch?v=PJjrJAa5VHg

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Samedi 28 novembre 

D’abord jouer sur le choeur (banc de poisson) avant le fil de laine ? Écoute, silence, déplacement, lenteur, respirer s’étonner ? s’offusquer ? jouer sur le rythme de la respiration ? respiration// mouvement du corps ? 

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« Bébés et personnes sensibles : il vaudrait mieux rester à l’intérieur » « Activités en pleine air: prenez vos précautions pour courir » Application « Plume » (qualité de l’air)


Mercredi 2 décembre 2020 

discussion avec Lenin, sur la direction de l’orchestre 

« Je suis avec Blandine, Anouk et Lénin, et nous parlons de la manière dont diriger l’orchestre (nous devrons diriger chacune une pièce). Il souligne l’importance de respirer pour donner le départ; il faut trouver dans cette respiration, toute l’énergie du morceau et de la mélodie qui va suivre. 

Il ne suffit pas de respirer. Il faut respirer et y croire. La mélodie qui va suivre ne tient donc qu’en cette respiration, cet air invisible et pourtant remplie de toute l’intention voulu pour les futures notes et rythmes. 

Plus tard, j’observe les respirations de tous les musiciens. Flûte, saxophone, cor, indispensable pour que le son puisse sortir de l’instrument. Violons, violoncelle, piano… un geste musical, qui respire, un besoin d’inspirer, pour jouer, pour agir. »  

"Et j’adore écouter le silence au cœur de la musique, cette respiration audelà des notes"

 Cette respiration, Danièle Panneton RESPIRATION//SILENCE

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Vendredi 4 décembre 

L’air et le sacré —> Navajo, 

« nilch’i » le vent sacré : « se réfère à la tonalité de l’air, à l’atmosphère, incluant l’air lorsqu’il est en mouvement ainsi que l’air lorsqu’il tourbillonne en nous à chaque respiration ». (cf James Kale McNeley, Holy Wind in Navajo Philosophy, 1981) 

—> Sert de moyen de communication entre tous les éléments du monde naturel

 —> Composé d’une pluralité de vents partiels (// choeur, ensemble de respirations) nilch’i hwii’siziinii « le vent en quelqu’un » (mais ouiiiiii !!!!) 

INDIVIDU/

/COLLECTIF INTERIEUR/

/EXTERIEUR NATURE 

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Dimanche 6 décembre 

« Quel mystère que l’air, quelle énigme pour nos sens humains ! D’une part, l’air est la plus omniprésente des présences que je puisse évoquer, il m’enveloppe, m’étreint et me caresse tant au dedans qu’au dehors, il parcours ma peau de frissons, s’écoule entre mes doigts, tournoie autour de mes bras et de mes cuisses, s’écoule entre mes doigts, tournoie autour de mes bras et de mes cuisses, tourbillonne le long de la voûte de mon palais, il se glisse sans cesse à travers gorge et trachée pour rassasier les poumons, pour nourrir mon sang mon coeur, moi même. Je ne peux agir, je ne peux parler, je ne peux penser une seule pensée sans la participation de cet élément fluide. Je suis immergé dans ses profondeurs aussi sûrement que les poissons le sont dans la mer. L’air, d’autres part, est pourtant Anna De Santis la plus incroyable des absences dont ce corps puisse avoir connaissance. Car il est tout à fait invisible. » 

« Elle unit nos corps, ces corps qui respirent, avec ce qui est au delà de l’horizon (les forêts et les océans au loin), avec ce qui est sous la terre (…). Ce que les plantes expirent sans bruit, nous autres animaux l’inspirons ; ce que nous expirons, les plantes l’inspirent. L’air pourrait-on dire, est l’âme du monde visible, la réalité secrète d’où tous les êtres tirent leur nourriture. En tant que mystère même du présent vivant, il est cette absence la plus intime d’où le présent fait présence, et il donne donc accès à la présence oubliée de la terre. » 

« Ce que les plantes expirent sans bruit, nous autres animaux l'inspirons ; ce que nous expirons, les plantes l'inspirent. L'air, pourrait-on dire, est l'âme du monde visible, la réalité secrète d'où tous les êtres tirent leur nourriture. » 

                                                                                        Comment la terre s’est tue, pour une écologie des sens, David Abram,1996

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