Justine Labbé - URGENCE
Ce projet de recherche commence tout d’abord par une question, celui de l’urgence. L’urgence personnelle à laquelle nous sommes confrontés et à laquelle nous aimerions répondre. Il m’a fallu du temps avant de pouvoir comprendre cette notion à laquelle je ne me suis jamais interrogée. Ainsi, elle a fait émerger de nombreuses questions : mon urgence est-elle individuelle ou est-elle collective ? Estce qu’il pourrait s’agir de mon combat pour mes valeurs ? Est-ce quelque chose de matériel ? Enfin, après plusieurs jours de questionnement et d’incompréhension je me suis fixée à une lutte qui me fait vivre chaque jour, celle d’essayer de rendre ce monde meilleur et de lutter contre la déshumanisation du monde.
Pour que ce projet soit fondé théoriquement, je me suis appuyée sur majoritairement deux théoriciens et une réalisation cinématographique. Il s’agit tout d’abord des travaux de Patrick Vassort, maître de conférence à l’université de Caen dans son livre L’homme superflu. En effet, Il s’affaire à une critique de la société capitaliste dans son système de production et notamment au travail moderne. Il en dégage alors le caractère aliénant, déshumanisant et réifiant du travail moderne. Il met, par conséquent, en avant la notion de superfluité, c’est-à-dire que l’homme, dans ce processus de production moderne, devient superflu, inutile à son fonctionnement. L’être humain est petit à petit remplacer par les machines, plus performantes. C’est dans cette limite de performance que l’être humain ne sert plus dans la production. Ensuite je me suis appuyée sur l’écrit 21 leçons pour le XXIè siècle, de Yuval Noah Harari. L’historien y développe les plus gros défis contemporains auxquels nous devons faire face. Il dédie toute une partie sur le problème technologique dont il dit que le progrès technologique nous amène vers une société sans emploi et déshumanisante. Pour finir, je me suis fondé sur la réalisation du film Her de Spike Jonze. Il s’agit d’un film d’anticipation américain qui montre un futur proche où les systèmes d’exploitations ont une intelligence artificielle organisent toute la vie sociale de la société. Les individus se retrouvent à être dépendant de ses systèmes d’exploitations.
Pour rendre compte de cette urgence je me suis attachée à l’inscrire dans mon corps, de m’approprier la répétition et la pénibilité du quotidien moderne. De ce fait, c’est par le corps que j’ai pu concrétiser ma réflexion et la matérialiser pour imaginer u atelier sur cette urgence. Il met alors venu spontanément des gestes que j’ai répété puis je leur ai donné de plus en plus de vitesse et d’amplitude pour marier la répétition intensive et le transformer en mouvement de danse. Les mouvements artistiques qui en ressortent montre que de la pénibilité de la répétition que nous vivons tous les jours peuvent être transformer en énergie positive et artistique pour aller au delà du quotidien. Ainsi, de la souffrance nous pouvons en retirer une énergie positive permettant une critique de cet état. De fait, cet état m’a permis d’imaginer un atelier pour le faire vivre.
L’atelier commence dans le silence, où chacun est invité à choisir un geste pénible dans le quotidien, se l’approprier en marchant en le répétant à son rythme. Une fois le geste imprégné, chacun s’arrêtent de marcher et pense à ce geste. La musique se fait alors entendre. J’ai choisi la musique de Radiohead Pulk/ Pull Revolving Doors qui reflète, à mon sens le côté mécanique et répétitif. Ainsi, chacun est invité à prendre possession de son geste lentement mais tout dans la répétition. Au fur et à mesure que la musique progresse, chacun augmente la rapidité de son geste et y donnant également de plus en plus d’amplitude pour ainsi ressentir dans le corps la pénibilité de la répétition. Une fois le geste répété, chacun est invité à ralentir petit à petit, suivant son rythme personnel, le geste jusqu'à l’arrêt du mouvement. La musique s’arrête également lorsque tous sont immobiles. Un instant est donné pour que chacun reviennent à eux et se reconcentre sur eux-mêmes. A la fin, un câlin collectif est proposé pour ressentir le besoin de la communauté et de l’humanité dans cette pénibilité.
Après réflexion et les retours qui m’ont été fait sur cet atelier, je pense que l’exercice et la théorie peuvent être plus poussé La notion de répétition n’est pas assez approfondi.
De plus, l’exercice corporelle nécessite un échauffement avant puisqu’il demande un effort du corps important. Il serait donc essentiel, avant toute chose de commencer par un échauffement.
Il est aussi important de laisser chacun du temps pour s’approprier l’exercice et ne pas imposer son temps à soi. Ainsi, à la retombé de la répétition, il faudrait laisser d’avantage de temps à la personne pour qu’elle se reconcentre sur elle même. Nous pouvons apporter une autre modification à la fin de la répétition en mettant une musique plus agréable et ainsi laisser chaque personne trouver en lui le moyen de rendre ce geste agréable dans des mouvements qui lui sont personnels. Ainsi, le geste pénible se transforme en un geste agréable à la personne et lui donne appui pour créer un mouvement de danse.
Justine Labbé

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